Aimez vos ennemis

Publié le par Cécile de Broissia

la gifle ( Arcabas)
la gifle ( Arcabas)

Luc 6, 27-35

Je vous le dis à vous qui m'écoutez: "Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.

A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense pouvez-vous attendre? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle récompense pouvez-vous attendre? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle récompense pouvez-vous attendre? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.

Jésus nous invite à bien écouter ce qu'il va dire et pour en souligner l'importance il répète par deux fois d'aimer nos ennemis et de leur faire du bien. C'était scandaleux de dire cela sachant toutes les injustices et les souffrances que les juifs subissaient par la domination des romains. Les juifs attendaient un Messie qui interviendrait violemment pour délivrer son peuple de ses ennemis. Cela correspondait à leur image d'un Dieu vengeur tel qu'Il s'était déjà montré dans leur histoire.

Jésus a une toute autre image de Dieu. Il a l'expérience d'un Dieu compatissant bon pour les ingrats et les méchants. C'est un langage nouveau et les exemples qu'il donne sont provocateurs: tendre l'autre joue quand nous sommes frappés ou nous laisser prendre notre bien sans réagir. Est-ce que Jésus nous invite à la soumission, à nous laisser écraser? Ce n'est pas ce que Jésus veut dire. Dans sa vie il a eu beaucoup d'ennemis parce qu'il n'a jamais eu peur d'affirmer ses convictions. Il a été frappé et tué; il ne s'est pas défendu parce qu' il ne voulait pas répondre à la violence par la violence: ce n'était pas l'expérience qu'il avait de Dieu. Il a toujours voulu faire du bien à ses adversaires en essayant de changer leur image de Dieu. Sur la croix il a prié pour eux, les aimant jusqu'au bout.

Puis Jésus énonce la "règle d'or" commune à bien des sagesses: Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Il dira aussi aime ton prochain comme toi-même ce qui est l'équivalent. En effet j'aimerai les autres dans la mesure où je m'aime moi-même.

Ensuite Jésus donne trois exemples où nous aimons, faisons le bien et prêtons uniquement à ceux qui feront la même chose pour nous. Nous avons un amour sélectif fondé sur la réciprocité et le donnant-donnant. Nous attendons notre récompense des autres et de leur approbation. Ce n'est pas suffisant. Jésus nous demande d'élargir notre amour à tous, même ceux qui nous critiquent et nous agressent par leur différence et leurs défauts.

Il n'est pas besoin d'être chrétien pour aimer ses ennemis, prêter, faire du bien et aimer d'une manière désintéressée, bien des non-croyants le font sans savoir qu'ils sont aimés de Dieu. La récompense des croyants c'est qu'ils savent qu'en faisant cela ils sont fils et filles du Dieu très haut et qu'ils reflètent son image. La récompense des croyants c'est qu'ils savent que Dieu continue de les aimer même quand ils se comportent en ennemi pour les autres ou pour eux-mêmes.

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